mercredi 14 juin 2017

BLEU, HORIZON - Lecture et percussion

Mémoire de la Grande Guerre, Musée des Beaux-Arts d’Arras, samedi 10 juin 16h


Bleu, Horizon

Derniers Témoins, avant la clôture de l’exposition dimanche 11 juin


Il y a un an, une arrageoise confie à Sylvie Nève deux journaux inédits de poilus, journaux de ses aïeuls : ce sont des carnets de guerre tenus par deux soldats,  l’un, son grand-père, vigneron et musicien du front, l’autre, qui aurait été son grand-oncle si la guerre n’en avait décidé autrement  – résonne alors la voix du soldat allemand d’À l’Ouest – rien de nouveau… L’idée de croiser ces trois voix s’impose : celle des deux soldats inconnus, celle du soldat d’À L’ouest rien de nouveau. Deux français, un allemand. René Morel, Paul Cosnier, Erich Maria Remarque.
À partir du journal de René Morel, de celui de Paul Cosnier, et du roman d’Erich Maria Remarque, Sylvie Nève établit un texte.
Ce texte fait entendre les notes d’un paysan musicien d’un orchestre du front, les lignes d’un jeune homme qui supporte la guerre tout en la décrivant (sobrement mais sûrement), et les réflexions du jeune soldat allemand d’À l’Ouest rien de nouveau



Sylvie Nève et Swann Van Rechem

Sylvie Nève, Olivier Brabant et Swann Van Rechem


Lecture et percussion


Bleu, Horizon : lecture et percussion –  le comédien Olivier Brabant incarne les trois voix : celles des deux journaux inédits de poilus et celle du soldat allemand d’Erich Maria Remarque ; le jeune percussionniste Swann Van Rechem, du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, propose des suites sonores et musicales à ces trois témoignages. Deux poèmes de Sylvie Nève s’y joignent – en introduction, la description d’une photographie d’un septuor de fortune le 14 juillet 1916, puis, quand René Morel est blessé, un poème sur les bruits de la guerre qui rend hommage aux écrits des écrivains de 14-18 : Barbusse, Dorgelès, Cendrars, Jünger…
Enfin quelques croquis de tranchée, retrouvés tant bien que mal par la petite fille d’André Ursault, dessinateur poilu…
À l’ouest rien de nouveau – le bleu, au mieux, à l’horizon.




René Morel, né le 29 septembre 1889 à Paris, promis à un bel avenir professionnel dans le Sentier à Paris, tué  le 4 octobre 1916 à Sailly-Saillisel, dans les derniers jours de la Bataille de la Somme.

Paul Cosnier, né le 14 septembre 1891 en Touraine, meurt en juillet 1974 à 83 ans ; cultivateur, viticulteur, tonnelier, musicien, et père d’une nombreuse famille.
Erich Maria Remarque, né le 22 juin 1898 à Osnabrück, en Allemagne, et mort le 25 septembre 1970 à Locarno en Suisse est un écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande en juillet 1938. Son livre À l'Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues) fut brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne. Erich Maria Remarque s'exila en Suisse, puis aux États-Unis et y obtint sa naturalisation.
André Ursault, né en 1894, mort en 1973, architecte, auteur de nombreux portraits de camarades de tranchée, anglais, sénégalais, prisonniers allemands…



Quelques éléments de glossaire poilu


Entonnoir n.m. : généralement employé pour désigner l’excavation, souvent importante, produite par l’explosion d’un obus. Désigne un trou d’obus particulièrement large.
Jus n.m.: café
Marmite n.f.: Projectile de gros calibre envoyé par les Allemands
Shrapnel n.m. : arme « antipersonnel » : obus rempli de projectiles.
Saucisse n.f. : en argot des combattants, ballon d’observation. Le nom vient de la forme allongée de ces ballons.
Singe n.m.: dans l’argot des combattants, désignation du bœuf et plus généralement de toute viande en boîte de conserve ; le « singe » est fréquemment critiqué pour sa mauvaise qualité.

vendredi 12 août 2016

Nouveauté : EN MER EN VERS (Ed. Les Contemporains favoris)

Collection Œuvres complètes - Juin 2016



Maupassant, Jules Verne, Rimbaud 
en "réécriture poétique expansée"





150 p. - 13/21 - 18 €

Publié avec le soutien du Centre National du Livre



" Après les deux sœurs de Barbe bleue : Anne et la jeune épouse, il me fallait croiser deux frères : Caïn et Abel, peut-être, un jour… Une invitation à donner lecture dans une saurisserie de Boulogne-sur-Mer me pousse vers Maupassant et ce « conte de la Bécasse » : En Mer, que je réécris et expanse, y trouvant tout ce que je désirais : deux frères, la Mer du Nord, prose au cordeau…
Un peu plus tard, une compagnie de théâtre lyonnaise, La Ruche, me demande de réécrire en vers Le Chancellor : réécrire Jules Vers-ne ! Gageure… Renouvelée, la demande se fit insistante : le roman, peu connu, inspiré du naufrage de la Méduse, est sombre… et nulle « expansion » en vue. Mais la nave va… et se fit, cette fois, conte impansé
Enfin Rimbaud vint, ivre, et il me fallut, après son Dormeur, il y a bien longtemps, réécrire, expansé, son Bateau. " S.N.




Maupassant, Jules Verne, Rimbaud : à cause d’eux, et de bien des choses, Sylvie Nève lit, réécrit, donc écrit, expanse, expense, donc écrit, et elle relit Rimbaud, et elle relie Maupassant, Jules Verne, depuis le temps, la mer, de partout, et elle lit tout haut en public, depuis 1979, seule ou en duo, avec Jean-Pierre Bobillot, ou la percussionniste Sylvie Reynaert ; tinte le vers avec des compositeurs : Eric Daubresse, Vincent Wimart, Emmanuel Séjourné… et elle expanse des contes aussi, elle réécrit, donc elle écrit.



Commander - 18 €
livraison gratuite sous 48 h




mercredi 16 décembre 2015

BANDE DE GAZA est disponible. COMPTES RENDUS


Alain Frontier
“Ton livre : j'y retrouve ton style — je le reconnaîtrais dès le premier mot : une phrase, écrite d'abord comme toutes les phrases, mais dont, sans crier gare, la structure syntaxique se reprend, se contrarie et se dénoue, pour se résoudre en musique, ça parle et sa chante à la fois, une musique que je n'ai jamais entendue que dans ta bouche. Mais ce qui frappe ici, c'est aussi autre chose. Comment dire Gaza ? comment l'approcher ? par quel bout attaquer la réalité ? Constamment, tu reviens à la charge, ici, puis là, changeant à chaque fois la stratégie et le dispositif de l'écriture : collages de déclarations officielles, litanies des mots les plus chargés de sens, poèmes verticaux, listes... Mais plus que tout : ceci, auquel je reviens toujours à chaque fois que j'ouvre ton livre, et qui m'émeut particulièrement : la constellation des pages 35-43 : ni prose (où chaque mot s'appuierait sur le mot suivant pour que la ligne se poursuive), ni vers (où les fragments de phrases se succéderaient verticalement). Ici la lecture ne peut être ni verticale ni horizontale. L'œil en même temps embrassel'ensemble, puis va d'un mot à l'autre, en haut, en bas, à droite, à gauche, rebondissant ici et là dans toutes les directions de l'espace... C'est très beau.
Nous nous apprêtions à venir t'écouter l'autre jour. Mais indirectement les kalachnihovs désespérées désespérantes t'ont réduite au silence.... Ce silence imposé lui-même, étrangement, n'est pas hors sujet.”
Alain Frontier à S.N. à propos du recueil Bande de Gaza

François Huglo, lire sur Sitaudis

Georges Guillain, lire sur Les découvreurs 2

Jean-Paul Gavard-Perret, lire sur Le littéraire





Syl­vie Nève, Bande de Gaza

Ate­lier de L’agneau, coll. Archi­textes, 2015


En vente en librairie, sur Internet

ou

14 € à : Atelier de l’agneau éditeur 
1 Moulin de la Couronne 33220 St-Quentin-de-Caplong